Ici, On vit-la-joie

Au village…

Au village, on ne désapprend pas. On ne perd pas de repère. On ne se désoriente pas facilement. Toutes les attitudes vertueuses et honorables extraites dans la rivière des nobles comportements se mettent en scène, en boucle. Le culte du travail se revigore journellement et s’érige en règle.

Au village, tel l’affirme l’éminente romancière Fatou Diome < le nécessaire vital s’acquiert au prix d’une âpre lutte qui nécessite tous les rounds de la condition humaine>. En dépit de cette carapace, point de mouvement d’humeur ou de soumission pour des fins sucrées.

Au village, la solidarité n’est pas un vain mot. Le partage est un sacerdoce. L’union fait/est la force. On note toujours un sourire sempiternel gravé aux lèvres malgré les difficultés quotidiennes.

Au village, la culture de l’ubuntu est un patrimoine inextinguible. Le problème de l’un se fait sentir illico par l’autre. Le visiteur sera choyé et bien traité avec les meilleurs soupes du village jusqu’à son retour. Si on parle, à présent, de la < Teranga > du Sénégal, on fait allusion aux villageois.

Au village, c’est super dûr. Cependant, le plus démuni des plus démunis ne se courbe pas l’échine s’il s’agit de la compromission de l’intérêt collectif. Les valeurs de < Ngor >, < Foula >, < Jom > sont imprimées dans le cœur des habitants-es qui ne songent de résigner devant rien. Ils/elles se contentent et ou se réjouissent de ce qu’ils/elles gagnent honnêtement.

N’est-il pas temps de réorganiser notre société sur la base des villages qui ont réussi à sauvegarder le leg de la bonne éducation laissée par nos aïeux ? Lequel leg est souvent biaisé dans le summum de l’échelle reflétant une acculturation graduelle et une corruption en surabondance.

N’est-il pas temps d’interroger quel type de société voudrions-nous proposer à la table de la < diversité >  ? Ceci nous permettra de repenser notre société sur les bases provenant de nos racines. Ainsi rugira le < lion rouge > dont parlait l’incontournable poète L.S. Senghor pour signer à la fois une dissipation des ténèbres et un < soleil > sur notre espoir.

En attendant le cogito collectif, Le villageois vit la joie. Celle-ci demeure un facteur incontournable d’évaluation du <développement> souvent mal interprété. Arès tout, le monde est en quête du bien-être, du mieux être ?

Amadou WAGNE Jeune Chercheur en Science Politique au Sénégal.

Jigeen, Ji gën

J’aimerais partager avec vous une réflexion sur la Linguère. Non pas celle qui fait figure de la tomate pour la préparation du < ceebu jën bu xonk >. Non pas celle qui fit figure de l’épouse du Roi dans la royauté sénégalaise. Non pas la femme qui s’affirme, s’affiche, affronte et se forge devant la société mi-discriminatoire à l’égard des femmes. Mais je traiterai exclusivement  la déliquescence des valeurs de la femme qui faisait pourtant loi à l’époque.

Ecoutons une chanson :

< Siggil nga say nawle
Siggil nga say àndandoo
Siggil nga sa yaay
Siggil nga say xarit
Su may laabaan doom ju yaay ja baax
Duma sonn
Su may laabaan doom ju yaay ja baax
Duma tàyyi >

Traduction

< Tu as honoré tes semblables
Tu as honoré tes compagnons
Tu as honoré ta Mère
Tu as honoré tes amis-es
Si je te témoigne pour une fille dont la maman est exemplaire
Je ne me fatigue pas
Si je te témoigne pour une fille dont la maman est exemplaire
Je ne me lasse pas > ( Momar Cissé, Parole chantée et communication sociale chez les Wolof du Sénégal )

Dans la consommation du mariage ( Jébbale ), un hommage était rendu à la fille qui a su préserver sa virginité jusqu’à ce jour. Aujourd’hui, on voit rarement cet événement dans les mariages. L’idéal quotidien des nouvelles et nouveaux marié-e-s est de poster une image sur Whatsapp avec des amis-es au lit nuptial avec des ballons derrière imprimés Mme « nom de l’époux ».

Dans les séries télévisées également, les scénaristes et producteurs appuient cette logique de dévalorisation de la culture Sénégalaise pour épouser celle occidentale dans le cadre des fiançailles jusqu’au mariage. Presque rien n’est interdit tout le long de ce processus souvent inachevé. Sous le dos de la féminité, du féminisme occidental ou de la perversion occidentale dirait-on, certaines femmes se pensent libres et affranchies sans pour autant voir l’autre chaîne occidentalo-centrée qui défigure la culture Sénégalaise. Laquelle culture avait son propre féminisme fondé sur le respect insondable de la femme. Il suffit juste de se référer à la bonne source historique pour le savoir. Un sujet que je traiterai sans doute.

Qui n’a pas envie d’entendre cela ?

< Yaroo baax, yaroo baax
Bo yaroo macc tàngal
Ba yëy sa gune-ngaay >

< La politesse, c’est qui importe (à répéter)
Qui est poli suce des bonbons
Et croque des biscuits >

Ici < bonbons > et < biscuits > au sens des récompenses, devant Dieu et ses hommes, d’une femme qui a fait face aux avances « machistes » des hommes sans aucune résignation jusqu’à la victoire finale.

Le mariage était symbolique, c’était entre autres le lieu de ré-exhiber le sens de l’honneur, la dignité et la richesse de la femme respectable et respectée autrement dit LINGUÈRE.

Jusqu’à présent, le Sénégal compte des femmes braves et courageuses, des femmes dignes et respectées, de vraies Linguères. Toutefois, n’acceptons pas la perversion phallocratique d’Ailleurs qui ne connaît qu’un verbe < Détruire >.

Chères Linguères de mon pays et d’ailleurs, le code d’honneur est à préserver, à conserver. La génération future en aura grave besoin.

Amadou WAGNE, Jeune Politiste Sénégalais

Qui est Amadou WAGNE ?

Je m’appelle Amadou WAGNE. Je suis de nationalité sénégalaise. J’ai 25 ans. Je suis étudiant en Master II Science Politique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Je suis également chroniqueur sur le Web, écrivain et entrepreneur socio-politique. J’aime la nature, l’environnement, je défends l’humanité dans sa globalité. Je suis attaché aux valeurs de l’Ubuntu.

Je me demande parfois est-ce mon parcours qui me définit ? Est-ce mon enfance ? Est-ce mon lieu de naissance ou ma formation ? Ne suis-je pas ce que je serai ? Maintes questions de ce genre sont connectées à la question Qui suis-je ?

Qu’est-ce que vous savez réellement de vous ?

Jamais je ne serai de ceux qui criaillent  tant que j’ai ma plume. Jamais je ne verserai dans un silence complice tant que j’ai ma conscience. Jamais je ne me laisserai soudoyer tant que j’ai ma dignité. Jamais je ne me laisserai influencer tant que j’ai ma raison. Jamais je ne baisserai les bras tant que j’ai ma force. Jamais… Jamais je ne suivrai la psychologie des foules ( Gustave le Bon, 1895 ) tant qu’il me reste une once de volonté de changement. Car la foule n’a pas toujours raison. Jamais je ne trahirai mon éthique pour des mondanités. Jamais je ne me sur-estimerai tant qu’il me reste encore des litres d’humilité. Je ne me sous-estime pas pour autant…

Quelle est la plus grande leçon de votre vie ?

A l’instar de Will smith, je répondrai ceci : < ce que j’ai appris de plus precieux dans la vie je ne l’ai pas appris à l’école >. À l’école permanente de ma grand-mère qui m’a élevé, j’ai appris ma plus grande leçon. C’était une nuit aux environs 23h:00, il y avait une coupure de courant et j’avais oublié d’acheter une bougie pour éclairer le salon. Elle m’a grondé et comme d’habitude cela se terminait par des conseils. Elle m’a dit < Change >. Comme que l’environnement etait obscur et très silencieux, donc propice pour faire la leçon. Elle poursuit : < Il faut savoir changer, n’oublie jamais d’où tu viens, il est temps de prendre en compte ceux qui ne te veulent pas réussir >. J’étais tout ouïe, ma grand mère ma bien-aimé de conclure : < change tes points sombres en lumière, change tes défauts qui ne te grandit pas, t’as intérêt…à changer… >. Depuis cette nuit, ma vie a eu un déclic. Malgré mon jeune âge j’avais fait de ses phrases mes leçons universelles. Aujourd’hui, elle n’est plus de ce monde mais elle sera sans doute très fière là où elle est car je ne me limiterai pas de changer ou de me changer mais je participerai au changement du monde…

Politique ? Activisme ? Entrepreunariat ? Chercheur ?

Si Gorges Balandier a raison de nous définir comme des homo-politicus, si le simple fait de s’intéresser à la bonne ou la meilleure gestion de la cité, c’est de la politique, alors je serai un politique. Dans la conception commune, défendre le peuple sur le terrain sans démagogie partisane reflète une image activiste.  Parfois, il m’arrive d’être indigné et d’être solidaire à la souffrance des autres. Ne suis-je pas alors activiste ? Oui je le suis car je m’active quotidienne au bien-être ou aux mieux être de mon pays et mon continent. Si, est entrepreneur celui ou celle qui entreprend, j’en suis un. Un chercheur, je le suis et je le serai pour toujours car ma curiosité est toujours  derrière moi. Elle me poursuit partout, elle ne me quitte d’une semelle. J’aime découvrir de nouvelles choses.

Mot de la fin

Plus d’humanité, moins d’animalité. Plus d’audace, moins de paresse complice. Plus d’amour, plus de paix, moins de haine ou de conflit. Que Dieu bénisse le Sénégal, l’Afrique, le monde.

Je ne cautionne ni l’insulte ni le non-droit

Je ne cautionne pas les insultes quel que soit le statut de l’insultant ou de l’insulté. L’action d’insulter fracture le respect doublement : le respect de soi en soi s’oblitère et celui de l’autre se brise. Une lecture comparée entre les effronteries verbales et les codes de conduite de notre société montre avec une grande véhémence combien c’est incommode de verser sur cette pratique. Dans d’autres études sociologiques, on note que l’insulte a un caractère ‘contagieux’. Car tous les éléments de langage ou de dialecte s’échangent, voyagent et entrent en vigueur telle une loi linguistique pactisée sans procès. Les enfants sont de grands copieurs, ils ne valident que ce qu’ils regardent. Bien qu’une posture moralisatrice ne m’aille pas toujours, j’aimerais rappeler à la société sénégalaise que notre culture a ses codes. Notre langage a toujours été soigné par nos devancier-e-s, tâchons de ne pas trahir cet idéal.

Entre Assane Diouf et les Policiers, il nous faut une Police de la Police pour condamner le comportement des policiers et corriger les insultes qui sont juridiquement réprimées dans notre Démocratie. Hélas, on a toutes les raisons d’être pessimiste sur le premier cas de figure.

Un petit conseil à Assane. Le langage de la rue américaine est farci de < Fuck >, ce « fuck » ne signifiant pas toujours grands choses, cela dépend de la phrase. Par exemple : < I’ll fuck with you > peut signifier < je vais mourir avec toi >. Je peux évoquer des milliers d’autres exemples de la sorte qui dédouane le préjugé négatif sur ce terme. Par conséquent, cette culture, lorqu’elle se traduit en Wolof avoisine le terme < Ndeye > qui est religieusement et moralement admonesté par notre société. Linguistiquement, cela peut ne pas mal résonner pour ceux qui comprennent bien le Wolof, notre belle langue nationale. Tout le monde sait que Assane est victime de « l’habitus » non pas au sens Bourdieusien du terme mais plutôt au sens latin. Il a donc l’habitude des Argots, des « Slangs words » et des langages de rue américaine qu’il a longuement fréquenté, ceci doit être pris en compte par ceux qui jugent facilement les gens. On ne juge pas un saint par son langage.

En tout état de cause, j’ai reçu une leçon de sagesse provenant de ma grand-mère < Surveiller son langage, en prenant en compte son environnement, est toujours bénéfique et pour le rhéteur et pour son audience >.

NB : My mask is off because I’m not in a risk zone.

Que Dieu veille sur le Sénégal et nous gratifie de Paix intérieure.

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Amadou WAGNE, Jeune Politiste sénégalais (JPS ).